Le burn-out gangrène insidieusement le monde du travail. Partant de ce constat, le gouvernement met en place un 'projet pilote' misant sur la prévention du phénomène. Orchestré par l'Agence fédérale des risques professionnels (Fedris), ce projet pilote démarra au plus tard le 1er novembre 2018 dans le secteur financier et celui des activités hospitalières ou de l'hébergement médical.

L'objectif est de permettre le maintien au travail ou la reprise rapide des travailleurs 'en début' de burn-out, conformément l'accord interprofessionnel 2017-2018. Le projet pilote s'inscrit dans la lignée de la proposition du CNT en faveur d'une approche globale de la 'prévention primaire' du burn out.

 

A qui s'adresse ce projet pilote ?

Le projet pilote de prévention du 'burn-out' vise des travailleurs menacés ou atteints par un syndrome d'épuisement professionnel à la suite d'un risque psychosocial en relation avec le travail. Ils sont soit encore 'au travail', ou, soit, en incapacité de travail depuis moins de 2 mois (stade précoce).

Le projet se cantonne, en outre, aux secteurs :

  • des services financiers, à l'exclusion des assurances et caisses de retraite;
  • des activités hospitalières ou de l'hébergement médicalisé (sous statut privé ou administrations provinciales et locales).

L'échantillonnage doit comprendre un minimum de 300 à maximum 1 000 personnes. Ces personnes sont sélectionnées après confirmation de leur diagnostic.

 

En quatre étapes

Le projet pilote consiste en un 'trajet d’accompagnement' de travailleurs. Au cours de celui-ci, le travailleur concerné va rencontrer tour à tour un 'intervenant burn-out' et un 'intervenant séances individuelles'. Ce sont des professionnels reconnus par Fedris. Le premier coordonne le trajet d’accompagnement, le second en assure certains aspects. Ils sont liés à Fedris par une 'convention' de collaboration, à laquelle Fedris peut mettre fin en cas de non-respect des modalités.

Le trajet d'accompagnement compte quatre étapes qui se déroulent comme suit :

  • une à deux séances de 'confirmation du diagnostic' chez un intervenant burn-out;
  • un accompagnement par l'intervenant burn-out, comprenant :
    • deux à quatre séances de consultation selon la «Clinique du stress et du travail». On y prépare, notamment, le travailleur à une prise de contact avec son milieu professionnel devant déboucher sur une réunion pluridisciplinaire permettant de discuter de la situation de travail;
    • une à deux séances de réorientation professionnelle si nécessaire;
    • une à deux séances de suivi en fin de trajet;
  • trois séances de type psycho-éducationnel individuel, assurées soit par l'intervenant burn-out, soit par l'intervenant séances individuelles;
  • maximum sept séances optionnelles d'accompagnement via une approche de type psychocorporel et/ou cognitivo-émotionnel par l'intervenant séances individuelles.

 

Que faire pour participer au projet ?

Le travailleur qui souhaite participer au projet pilote doit introduire, auprès de Fedris, une 'demande de confirmation' du diagnostic, au moyen d'un formulaire ad hoc. Ce formulaire doit être signé par le travailleur et soit son médecin traitant, soit le conseiller en prévention-médecin du travail, ou soit le conseiller en prévention 'aspects psychosociaux'.

Fedris a alors un mois pour examiner la demande et notifier sa décision au travailleur. Si la réponse est positive, le travailleur devra choisir un 'intervenant burn out' (dans une liste d'intervenants sélectionnés par Fedris) en vue d'un diagnostic approfondi (= étape 1 du trajet). Une fois le diagnostic établi, l'intervenant envoie un rapport à Fedris.

Si le rapport de l'intervenant burn out :

  • confirme le diagnostic, l'intervenant envoie simultanément à Fedris un formulaire de 'prise en charge'. Après quoi ce dernier communique sa 'décision de prise en charge' au travailleur et à l'intervenant;
  • ne confirme pas le diagnostic, l'intervenant doit y consigner la réorientation qui lui paraît adéquate. Fedris informe alors le travailleur qu'il ne peut pas être pris en charge dans le cadre du projet pilote.

 

Fedris informe également le médecin traitant, le conseiller en prévention-médecin du travail, et le conseiller en prévention 'aspects psychosociaux' des démarches et des conclusions précitées. Si le travailleur est déjà en incapacité de travail au-delà de la période de salaire garanti, Fedris doit aussi en informer le médecin-conseil de la mutuelle.

Le rapport final que 'l'intervenant burn out' doit établir en fin de trajet doit aussi être envoyé à toutes les parties concernées.

 

Qui paie tout ça ?

 

Fedris intervient financièrement dans les différentes phases du trajet d'accompagnement (séances, rapports, etc.). Une séance sera, par exemple, prise en charge à raison de 60 EUR. Il paie aussi les frais de déplacement du travailleur entre son domicile et le lieu des séances (max. 1 000 km).

 

Au plus tard le 1er novembre...

Ces nouvelles mesures entrent en vigueur le 17 mai 2018, soit 10 jours après leur publication au Moniteur belge. Mais, le projet pilote doit débuter au plus tard le 1er novembre 2018. Il sera évalué après deux ans.

 

Sources

  • Arrêté royal du 7 février 2018 déterminant les conditions d'un projet pilote visant la prévention du burnout en relation avec le travail, M.B., 7 mai 2018
  • Béatrice Morais, senTRal Actualités – 9 mai 2018

 


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