Gand/Bruxelles - Une proportion significative de collaborateurs belges est restée travailler à la maison, même après l’assouplissement des mesures annoncé par le Conseil National de Sécurité. Les chiffres d’Attentia révèlent que 10,33 % des employés font toujours du télétravail, une légère baisse depuis le pic d’avril. Le chômage temporaire enregistre, lui, une forte diminution. Les entreprises doivent en tout cas se préparer pour que leurs collaborateurs puissent revenir au travail en toute sécurité. Le contact tracing à l’aide de codes QR contribue à éviter une nouvelle propagation du coronavirus.

Attentia appelle à miser sur le contact tracing via des codes QR afin d’accroître la sécurité au travail et d’éviter l’impact d’une deuxième vague

En mars, le télétravail a fait l’objet d’une augmentation exponentielle en Belgique à cause de la pandémie de COVID-19. Le télétravail n’étant pas possible pour tout le monde, les chiffres de chômage temporaire ont atteint des sommets sans précédent. Grâce au récent assouplissement des mesures de sécurité, beaucoup d’entreprises peuvent faire revenir leurs collaborateurs au travail. En avril, le chômage temporaire était surtout élevé chez les ouvriers (33,77 %), mais les chiffres d’Attentia montrent que fin mai, seuls 14,68 % des ouvriers ne pouvaient toujours pas travailler. Ce pourcentage a également considérablement baissé chez les employés, passant de 21 % en avril à 12,94 % fin mai.

Le travail à domicile reste la norme

Bien que les entreprises puissent à nouveau accueillir leurs collaborateurs sur le lieu de travail, le télétravail reste populaire là où il est envisageable sur le plan opérationnel. Les employés, les cadres et les membres de la direction sont ceux qui télétravaillent le plus. 10,33 % des employés télétravaillent toujours, soit une légère baisse par rapport au pic d’avril (>12 %). Le pourcentage d’ouvriers pouvant travailler à domicile est négligeable, mais c’est principalement dû à la nature du travail qui ne permet pas le travail à domicile.

« C’est principalement par mesure de protection que le télétravail restera encore un certain temps à l’ordre du jour dans bon nombre d’entreprises », affirme Edelhart Kempeneers, directeur médical et médecin du travail chez Attentia. « Afin de faciliter le respect des distances, les organisations laissent par exemple leurs collaborateurs revenir sur le lieu de travail par petits groupes. »

Dans les environnements de production en particulier, les entreprises ont fourni de nombreux efforts pour accueillir leurs collaborateurs en toute sécurité. Là où la présence physique du personnel n’est pas strictement nécessaire, les employeurs continuent à conseiller le travail à domicile. « Ce puzzle logistique est parfois difficile à assembler. Il est également recommandé de laisser autant que possible les gens décider s’ils souhaitent revenir au travail. Une communication interne claire est essentielle pour que les collaborateurs puissent facilement franchir le pas. Ils doivent être rassurés et avoir la garantie de reprendre le travail dans un environnement sûr et sain. C’est la seule façon pour qu’ils veuillent revenir de leur propre chef », souligne Edelhart Kempeneers.

Le travail peut parfois être une solution durable, mais ce n’est pas toujours le cas. « Le télétravail soudain ne se fait pas toujours dans les meilleures conditions sur le plan ergonomique. Ce n’est pas évident, par exemple, de fournir un siège ergonomique à ceux qui travaillent chez eux ou de prévoir un éclairage optimal de la pièce. À terme, cela peut donner lieu à des symptômes physiques. Et le fait de revoir les collègues contribue grandement au bien-être psychosocial. Les contacts sociaux directs (vraisemblablement à minimum 1,5 mètre de distance) jouent également un rôle majeur à cet égard. »

 

Contact tracing

Les mesures doivent être suffisantes pour garantir une reprise du travail en toute sécurité. Elles sont réellement nécessaires, car d’après une étude sur le COVID-19 menée par l’Université d’Anvers, 51 % des contaminations ont probablement eu lieu au travail. La distanciation sociale, le lavage régulier des mains, le nettoyage et la désinfection réguliers des surfaces, et une ventilation suffisante sont donc essentiels. Par ailleurs, le contact tracing est également un bon moyen pour isoler à temps en cas de contamination et éviter que le virus ne se propage davantage. Pour autant bien sûr que la vie privée des collaborateurs soit respectée.

C’est la raison pour laquelle Attentia recommande le contact tracing à ses clients. La start-up Esoptra a lancé en avril un projet baptisé Savitas QR. Tout travailleur belge peut utiliser ce système en scannant de simples codes QR sur son téléphone. Lorsqu’une personne indique être contaminée, les collaborateurs sont avertis s’ils ont scanné le code à peu près au même moment.

Comme certains pays l’ont déjà remarqué, les apps de contact tracing au niveau des autorités publiques ne fonctionnent pas. Peu de gens utilisent l’app, vraisemblablement par crainte pour la confidentialité de leurs données. En revanche, les entreprises sont le meilleur endroit pour déployer une telle app. Nous y avons en effet immédiatement besoin d’une solution pour éviter de nouvelles contaminations. De plus, la protection de la santé des collaborateurs a un impact direct sur l’économie. Un deuxième confinement pourrait porter un coup fatal à beaucoup d’organisations.

« Savitas QR présente un grand avantage : le respect de la vie privée de l’utilisateur est garanti »,, précise Kempeneers. « Les données ne peuvent mener à une personne en particulier et chacun peut y participer librement. Pour s’assurer que le système fonctionne, les entreprises doivent bien communiquer en interne à ce sujet, afin qu’un maximum de collaborateurs utilisent les codes QR. »

Le contact tracing jouera probablement un rôle majeur quand les entreprises se prépareront à une éventuelle seconde vague après l’été. « Nous ne sommes pas sûrs qu’il y aura une deuxième vague, mais les employeurs doivent déjà réfléchir par précaution à la manière dont ils pourront continuer à organiser structurellement le télétravail et le travail sur site jusqu’à ce que nous disposions d’un éventuel vaccin. Ceux qui s’adaptent déjà aujourd’hui courront moins de risques demain si l’entreprise devait fermer à cause d’une deuxième vague », conclut Elderhart Kempeneers.


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