Etre joignable en permanence n'est pas bon pour la santé. Cela accroît le risque de burn out. Comment les organisations peuvent-elles tenir compte de ce constat ? Quelles sont les obligations légales applicables en ce qui concerne la déconnexion ?

 

Risque de burn out

Le burn out résulte de l'incapacité à récupérer mentalement. Les êtres humains ne sont pas des machines, ils doivent pouvoir recharger leurs batteries ; c'est indispensable.

Avec l'utilisation des moyens de communication numériques (pc portable, smartphone, tablette, ...), on observe un nombre sans cesse croissant de travailleurs qui restent connectés en dehors des heures de travail normales et qui travaillent de plus en plus souvent sans être liés à un horaire ou un lieu précis. Les limites entre vie privée et vie professionnelle s'estompent. Cette connexion constante et cet effacement de la frontière entre vie professionnelle et vie privée peuvent contribuer à accroître le risque de burn out.

 

Pourquoi est-il nécessaire de 'se déconnecter' ?

L'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail relève que le stress est un des problèmes de santé les plus fréquents sur le lieu de travail. Pouvoir laisser le travail derrière soi, tant physiquement que mentalement, pendant les pauses et durant les heures de travail (se déconnecter) permet d'engranger des bénéfices en termes de bien-être, une meilleure concentration, par exemple, ou un niveau d'énergie plus élevé et plus durable.

 

Législation relative à la déconnexion

La loi relative au renforcement de la croissance économique et de la cohésion sociale, appelée aussi loi de relance, a été adoptée le 26 mars 2018. Le volet "Concertation sur la déconnexion et l'utilisation des moyens de communication digitaux" dispose que les comités pour la prévention et la protection au travail doivent avoir une concertation sur la déconnexion au travail et l'utilisation des moyens de communication numériques.

La loi précise que cette concertation doit avoir lieu à intervalles réguliers. Il s'indique d'organiser une concertation lorsque :

  • aucune concertation n'a jamais été organisée sur ce thème ;
  • des changements importants se produisent qui ont un impact sur la problématique (par exemple, nouveaux appareils ou nouvelles apps) ;
  • une question est posée par les représentants des travailleurs.

Les résultats de cette concertation doivent être documentés. Cette documentation comprend des propositions et des avis qui doivent être convertis en accords. Ces accords peuvent, par exemple, être fixés dans le règlement de travail ou dans une convention collective de travail au niveau du secteur.

L'objectif de cette législation est d'assurer le respect des temps de pause, des vacances annuelles et des autres congés des travailleurs et de préserver l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

 

A la recherche d'une approche en la matière ?
 

Une interdiction d'envoyer et de recevoir des mails en dehors des heures de travail fait plus de mal que de bien

Une interdiction générale d'envoyer des mails professionnels ou d'y répondre après les heures de bureau semble être une mesure évidente. Différentes organisations en Belgique et à l'étranger ont déjà essayé de l'appliquer. Selon une enquête récente de l' "University of Sussex Business School", une telle mesure présenterait pourtant plus d'effets négatifs que positifs. Une telle interdiction généralisée entraîne une diminution du bien-être et une augmentation du stress, plutôt qu'un bien-être supérieur et moins de stress.

Pour les collaborateurs qui ont un degré élevé de neuroticisme et d'angoisse, une interdiction de traiter les mails professionnels en dehors des heures de travail peut avoir un impact néfaste. Ils ont en effet l'impression de ne pas contrôler le nombre croissant de messages qui arrivent dans leur boîte mail.

 

Besoin d'une approche individualisée

Tout serait plus simple s'il existait une approche unique convenant à tout le monde. Mais les recherches et la pratique montrent clairement que les organisations doivent travailler de manière individualisée pour arriver à instaurer la déconnexion de manière saine. Il est alors possible de tenir compte des situations, préférences et besoins individuels.

 

Il convient d'être attentif à la charge de travail

Quelle que soit la mesure prise, elle ne peut porter ses fruits que si elle est adaptée à la charge de travail. Tant que la charge de travail reste élevée, les collaborateurs continueront à traiter leurs mails en dehors de heures de travail.

Les mesures prises dans le cadre de la déconnexion doivent donc faire partie d'une politique intégrée et durable en matière de bien-être, qui rende non seulement les collaborateurs mais aussi toute l'organisation plus résistants.

 

Sources

 

S vous souhaitez plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter via wellbeing@attentia.be


Plus de nouvelles à propos de: Prévention et protection au travail , durée du travail , contrat de travail , risques psychosociaux